Environnement
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L'environnement est l'ensemble des éléments naturels et culturels dans lesquels les êtres vivants se trouvent[1].
L'environnement biophysique (biologique et physique) des espèces représente l'environnement naturel, tandis que l'environnement humain représente souvent des idéaux, traduits par un environnement culturel. Composé de conditions écologiques et sociologiques, l'environnement détermine la présence et l'existence des organismes vivants. Dans cette dynamique territoriale, la culture humaine en rupture avec l'environnement naturel réalise la pollution globale et locale planétaire.
Le sens de ce mot a sensiblement évolué au XXe siècle pour finir par désigner à la fin du XXe siècle la relation des activités humaines et le rapport de l'humanité avec la nature. On parle ainsi de défense de l'environnement, de droit de l'environnement, de préoccupation environnementale, d'éducation à l'environnement, d'activités et d'éthique environnementales. Plus que les paroles, le geste écologique est représentatif d'un état de conscience environnementale.
Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, les connaissances environnementales sont compilées pour harmoniser les trois piliers (économie, écologie, sociologie) du développement durable.
[modifier] Étymologie
L'étymologie précise du terme « environnement » est inconnue. On trouve « environemenz » en français dès 1265 dans le sens de « circuit, contour » puis à partir de 1487 dans le sens « action d'environner » [2].
Le terme environnement est polysémique, c'est-à -dire qu'il recouvre de nombreuses acceptions.
On doit distinguer l'évolution du mot (1) et l'évolution du sens (2).
- En-viron-ne-ment vient du terme « virer » (tourner)[3] qui trouve son origine dans le grec « gyros » (cercle, tour) puis dans sa transformation latine « gyrare » et « in gyrum » [4]; dans le latin « virare », « vibrare » (tournoyer) ; dans le gaulois « viria » (anneau, bracelet) [5]. Les trois origines se sont mélangées avec le temps. De « virer », l'ancien français a fait « viron » signifiant « tour » ou « ronde ». Puis, le préfixe « en » a été ajouté à « viron » pour donner « environ » (entour, autour) (attesté en 1080) [6] qui provient de la transformation de « in gyrum » et de « envirum » (attesté en 980)[7]. D'« environ » on a fait « environner » (faire le tour), attesté au XIIe siècle. Environ au pluriel « environs » signifiait « alentours ». Puis « à l'entour » a pris la forme d'« environneement » avec deux « e » (attesté en 1154). Pour perdre son deuxième « e » et donner « environnement » (action d'environner, résultat de cette action) ou « environnements » (tours, contours, circuits, voire détours), attesté du XIIIe siècle au XVIe siècle.[8]
- Durant toute cette évolution étymologique, de virer, viron, environ, environner, environneement, environnement, environment, le radical « vir » a toujours signifié la forme du « tour » et de l'« arrondi », qui a donné entour, autour, contours, et par extension « tous les contours » voire l'« ensemble des contours ». Aujourd'hui la définition d'« environnement » traduit encore cette idée de « tour », d'« entour », d'« alentours », d'« autour ». Le « ce qui est autour », le « ce qui fait le tour », le « ce qui forme le tour » et le « ce qui est dans l'entour » traduisent bien le concept de « milieu » à l'échelle locale et le concept de « géosphère », « biosphère », d'« écosphère » et de « technosphère » à l'échelle globale. On peut donc remarquer que du simple « mouvement » (tourner, tournoyer, faire le tour), à la simple « forme » (entour, contours, anneau) qui traduirait davantage un « contenant », le terme d'« environnement » a peu à peu désigné non seulement le mouvement et le contenant, mais aussi le « contenu ». Le terme anglo-américain « environment » est directement tiré du vieux français « environnement ».
Le terme français « environnement » a été mis en relation avec le latin depuis cinq siècles déjà par Robert Estienne dans son dictionnaire Français-Latin en 1539 (p.183). On y lit textuellement « environnement: circundatio, circonscriptio terrae, stipatio ».
La première définition technique anglo-saxonne de « environment » est apparue dans les années 1920 : conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d'agir sur tous les organismes vivants et les activités humaines. Puis l'utilisation du vocable « environnement » s'est développée à partir des années 1960 pour englober et signifier actuellement les ressources naturelles biotiques (faune, flore) et abiotiques (air, eau, sol) et leurs interactions réciproques, les aspects caractéristiques du paysage et les biens que composent l'héritage culturel.[9]
[modifier] Définitions du mot
Le mot environnement prend le sens et la mesure de la perception humaine de l'environnement. La définition du mot environnement représente un déterminant de l'evolution culturel humain. La perception de ce qu'il représente n'a pris son sens actuel, lui-même assez large, que récemment dans les cultures modernes, industrielles et informatisees.
[modifier] Evolution des définitions
[modifier] Avant le XXe siècle
Émile Littré dans son Dictionnaire de la langue française (1872-1877) lui donne le sens suivant : « Action d'environner ; résultat de cette action », et évoque comme sens antérieur, historique : une phrase du XVIe siècle (Palissy, 255) « Et ne sçauroit on faire une lieue au travers qu'elle n'en monte à plus de six, à cause des environnements [circuits] qu'il faut faire pour en sortir ».
[modifier] Au XXe siècle, le sens de "nature"
Les définitions de la fin du XXe siècle évoquent l'environnement naturel : « le milieu dans lequel un organisme fonctionne, incluant l'air, l'eau, la terre, les ressources naturelles, la flore, la faune, les êtres humains et leurs interrelations » (c'est la définition francophone retenue par la norme ISO 14001:1996). Ce sens a été largement diffusé par la création des ministères de l'environnement, et des lois de protection de l'environnement dans le troisième quart du XXe siècle.
À la fin du XXe siècle, en politique, ou dans les milieux associatifs, le terme fait référence au monde naturel ou à la naturalité d'une partie de l'environnement modifié par l'homme ou tel que globalement perçu par l'homme, comme ressource, pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelable, et comme subissant les impacts croissants du développement et des pollutions, de la fragmentation ou d'une destruction.
- - Il évoque aussi la qualité de vie et les aménités.
- - Les efforts visant à limiter la pollution et nuisances (sonores notamment), à réduire le gaspillage énergétique, à améliorer le traitement des déchets etc.
Les mouvements écologistes envisagent des politiques pour une société évoluant de manière à concilier le développement humain et la restauration, la protection et une bonne gestion de l'environnement. Certains évoquent la notion d'écologisme, éventuellement de droite ou de gauche.
Le terme environnement ne doit pas être confondu avec le terme écologie, qui fait référence à la science des processus et cycles de vie dans le monde naturel, sans se limiter à l'humanité.
Une modification de notre perception de l'environnement est liée aux enjeux économiques et écologies majeurs, locaux et globaux, qui émergent fortement à la fin du XXe siècle dans les domaines du social, de l'éthique, du politique, de la culture et du savoir...) : Le mot « environnement » tend à prendre une dimension de plus en plus mondiale, intégrant la mondialisation et ses effets et une forte dimension prospective. Cette perception et la prise de conscience a notamment eu comme points d'orgue le Sommet de la terre de Rio en juin 1992, suivi d'un travail d'état des lieux traduit notamment par le Millenium Ecosystems Assessment.
La relation entre l'homme et son environnement est aujourd'hui au centre d'âpres débats philosophiques et épistémologiques aux conséquences socio-économiques importantes. Une première conception prométhéenne considère l'environnement comme une matière à sculpter, un territoire à structurer, à (a)ménager. Il semble que les positions individuelles et collectives puissent se situer entre deux visions du monde ;
- une première conception de l'environnement qui affirmerait la domination de l’homme sur la Nature dont il tire les ressources lui permettant de se nourrir, de se vêtir et, au sens large, de s'adonner à une activité industrielle.
- Une seconde conception, opposée, qui situerait l'homme au niveau de son environnement, et qui insiste sur la responsabilité du premier dans la bonne gestion des ressources à sa disposition et sur l'interdépendance entre les activités humaines, l'évolution de l'environnement.
[modifier] Les définitions actuelles
[modifier] Pour le travailleur, des définitions variables
Dans les limites de la réalité sociale, la définition accordé aux mots varie de façon spacio-temporelle. Selon la région, la culture et la catégorie socio-professionnelle de ceux qui l'emploie, les définitions accordées aux mots varies selon les intérêts. Parfois, un industriel verra d'abord dans le terme environnement une référence à la « pollution », alors qu'un cadre pourra penser plutôt « cadre de vie ». Un artisan ou commerçant pourrais penser « ville », pendant qu'un agriculteur imaginera « voisinage », et un employé « Nature ». Une grande collectivité locale (région, département), par le biais de son conseil d'administration politisé peut penser habitat, écosystème, écologie du paysage, trame verte, alors qu'une petite commune verra la question de la gestion de l'eau, du territoire et des déchets, ou des nuisances sonores ou de voisinage, ou des espaces verts »... là où le sociologue empirique évoquera l'environnement familial ou de travail[réf. nécessaire].
[modifier] Pour l'éducateur et le scientifique, une notion relative
- L'environnement est l'habitat dans lequel les espèces et l'individu évoluent, ces milieux incluent l'air, l'eau, le sol et leurs interfaces. Les ressources naturelles, la faune, la flore, les écosystèmes et la biosphère composent l'environnement biophysique.
- Du point de vue de la sociologie des espèces, l'environnement est le milieu biophysique, naturel et aussi l'environnement humain construit et pollué, constitué par la culture, lafamille, les amis, la tribu, le quartier, le village, ou tout groupe, collectivité et communauté dont l'entreprise, l'administration et l'état.
- D'un point de vue écologique, l'environnement est un ensemble de systèmes en relation. La représentation, la perception et l'adaptation à cet ensemble varie selon les espèces, les individus et les collectivités qui le compose. Pour l'espèce humaine, l'environnement terrestre représente l'habitat et l'environnement civique est une condition perçue à adapter à la biosphère.
La limite physique entre l'individu et « ce qui est autour de lui » est difficile à déterminer si aucune échelle n'est précisé. Deux exemples peuvent illustrer cette limite floue :
- Notre peau semble être une barrière matérielle susceptible d'être la limite entre notre milieu intérieur et « l'environnement » extérieur. Pourtant, à chaque inspiration, l'air de notre environnement entre en nous, perd de l'oxygène et ressort enrichi en vapeur d'eau et en gaz carbonique qui viennent de l'intérieur de nous-mêmes. Certaines des molécules d'oxygène absorbées vont être incluses dans notre organisme. D'autres seront rejetées sous forme de CO2. Il en va de même pour l'alimentation et l'excrétion, et plus subtilement pour les hormones absorbées ou émises par les plantes ou les animaux. Même notre ouïe et notre vision font « entrer » des informations environnementales (ondes et vibrations) en nous et expulse par la voix et l'attitude le filtra décanté. Bien des ondes électromagnétiques nous traversent de part en part sans impact, d'autres le font avec plus d'impact. On comprend ici que l'environnement influe sur les individus, les espèces et les processus qu'il inclut, mais qu'également, il est en permanence modifié par eux.
- Ce n'est pas parce qu'il y a un sol, une atmosphère et une hygrométrie qui leur conviennent qu'il y a des arbres dans une forêt. Les arbres ont aussi grandement contribué à produire et fixer le sol sur lequel ils vivent. L'observation des successions végétales et leur composition témoigne de l'évolution des conditions. Ils contribuent à produire l'oxygène de l'air et une hygrométrie variable (Cf. évapotranspiration). Ce sol organique résulte pour l'essentiel de la décomposition de leurs feuilles ou aiguilles mortes, du bois mort, et des bactéries et champignons symbiotes ou des espèces qu'ils abritent. La terre et le paysage forestier ne sont pas que l'habitat des arbres, ils sont aussi l'environnement en production.
L'environnement prend les dimensions associées aux limites et aux seuils de la perception qui est elle aussi relative. Ces deux états permettent notamment de reconnaitre les ressources vitales et aménitaires à maintenir et à protéger personnellement et collectivement autour de nous. Ils permettent aussi de désigner des systèmes vivants qui nous entourent et nous supportent, les conditions nécessaires pour que les espèces puissent s'y perpétuer, et les composantes pour que la plupart de ces ressources naturelles puissent se renouveler.
[modifier] Notion d'environnement économique
Depuis la fin du XXe siècle, le langage commun évoque souvent l'environnement économique, parfois comparé à l'environnement naturel où à certaines de ses supposées "règles".
Il semble qu'on puisse classer les comparaisons entre « environnement naturel » et « environnement économique » entre deux visions opposées :
- la première, libérale, présente le macro-environnement économique et financier comme l'environnement de l'entreprise : concurrentiel, mondialisé, constamment changeant, auquel l'entrepreneur doit constamment s'adapter.
- la seconde utilise des métaphores qui évoquent des relations plus harmonieuses, partagées et négociées, de type symbiotiques, complémentaires, générant des bénéfices mutuels et des interactions durables entre entre entreprises et entre l'homme, l'entreprise et l'environnement naturel.
Ces deux visions rappellent que économie et écologie ont étymologiquement le même sens, mais que respectivement elles opposent ou rapprochent. Entre ces deux approches opposés, un nombre croissant d'acteurs cherchent un développement durable, ou soutenable.
[modifier] Les dégradations de l'environnement
L'idée d'une dégradation de l'environnement dans lequel vivent les hommes sur terre est devenue largement majoritaire à la fin du XXe siècle. Plus qu'une idée, les faits démontrent que la dégradation de l'environnement biophysique et humain est imputable à l'activité humaine.
Parmi ces dégradations :
- Le réchauffement climatique lié à l'effet de serre
- Le trou de la couche d'ozone
- La déforestation
- L'eutrophisation
- L'acidification des lacs et rivières
- La gestion des déchets
- Le problème des ressources en eau
- La régression et dégradation des sols
- La pollution atmosphérique
- Les sécheresses
- Les marées noires
- La surpêche
- Les catastrophes industrielles
- Les accidents nucléaires
- Le rejet de produits toxiques, CMR ou non-biodégradables
Un rapport[10] de l'OCDE a recensé les problèmes « qui appellent une action d'urgence » : la surpêche, la destruction des forêts, le recul de la biodiversité, le changement climatique, les produits chimiques présents dans l'environnement, la pollution de l'air et des eaux, le niveau atteint et à venir des transports, etc.
[modifier] La prise de conscience de la notion d'environnement
La prise de conscience de l'existence d'un environnement fini et fragile méritant attention et protection s'est développées par vague et de manière différente selon les époques, les régions et les cultures humaines.
[modifier] Jusqu'au XIXe siècle
Certaines interprétation animistes du monde, ou d'attitude telle que le bouddhisme semblent avoir localement favorisé un certain respect de la vie et des ressources naturelles, mais le concept d'environnement civique tel que nous le connaissons ne semble pas avoir été relevé par les ethnologues ni par les historiens.
L'art (poésie, dessin, gravure et peinture en particulier..) et la culture a été en Asie, en Amérique et en Occident un premier vecteur d'une valeur particulière donnée à l'environnement biophysique et humain. En Europe, c'est en particulier aux paysages qu'une valeur particulière est donné à l'environnement.
La littérature relative à la découverte de territoires inexplorés a développé l'étonnement, la curiosité scientifique, l'envie ou ethnologique pour d'autres environnements géographiques, « exotiques ».
[modifier] Le romantisme ou la découverte de la nature
Au XIXe siècle, en Occident, le romantisme a exalté la naturalité de l'environnement bucolique et la beauté des paysages sauvages, parfois en les opposant aux paysages et à la misère des mondes ouvriers, urbains et périurbains industriels.
[modifier] XXe siècle
[modifier] Contexte technique et économique
En occident, les guerres coloniales, la première et surtout à la seconde révolution industrielle, mais aussi les guerres mondiales puis la guerre froide semblent - dans un contexte de démographie et de croissance exponentielle - avoir peu à peu contribué à faire émerger une conscience collective d'une planète précieuse, voire fragile, aux limites finies. L'arrière-plan conflictuel des 19ème et 20ème siècles a généré une économie de guerre qui a dopé l'industrie lourde, mais qui a aussi accéléré l'exploitation voire la surexploitation de nombreuses ressources naturelles qui sont devenues de plus en plus stratégique. Avec la course aux armements et en particulier aux armes de destruction massive dont la bombe atomique, apparait dans les années 1970 la crainte d'une troisième et dernière Guerre mondiale qui pourrait détruire toute forme de vie supérieure sur la planète.
C'est aussi l'époque de catastrophes écologiques visibles (successions de marées noires) qui sensibilisent le public et certains décideurs à la protection des écosystèmes. Dans le même temps les crises pétrolières (dont celle de 1975) font comprendre ou admettre une dépendance croissante des économies et des pays à des ressources limitées dont le pétrole, l'eau potable, le bois, la ressource halieutique, les sols cultivables, etc.
Ces évènements ont contribué et contribuent encore à l'évolution de la perception de l'environnement. Après une phase marquée par une lutte contre les grandes pollutions (marées noires en particulier), suivie de réels efforts économiques de lutte contre certaines pollutions (épuration des eaux usées, interdiction de rejets polluants à forte concentration dans la nature..), l'intérêt se porte maintenant d'autres types de pollutions (séquelles de la Catastrophe de Tchernobyl, POPs, pesticides, perturbateurs endocriniens..). L'industrie, l'agriculture et les transports sont généralement considérés comme les principaux émetteurs de polluants ayant un impact sur l'environnement.
[modifier] Le rôle de l'éducation et des médias
La perception de l'environnement a progressé avec une meilleure diffusion de la compréhension des connaissances. Ceci était déjà manifeste au XVIe siècle avec la découverte et l'étude par l'occident de nouveaux territoires terrestres et maritimes en Afrique, Asie et Amérique du Sud, puis avec leur exploitation parfois brutale durant la période coloniale, qui a peu à peu mis à mal le mythe du bon sauvage mais aussi le mythe de la prodigalité infinie de la nature.
D'autres territoires (arctique et antarctique) et un monde sous-marin immense et inconnu ont montré un environnement caractérisé par une altérité plus forte et parfois une fragilité plus évidente. Ils ont été respectivement notamment vulgarisés par Paul-Émile Victor et le commandant Cousteau.
Dans le même temps la connaissance rétrospective du « paléoenvironnement » progressait avec la paléoécologie et la mise à jour de preuves scientifiques de crises écologiques majeures passées qui ont fait disparaître durant des millions d'années, à cinq reprises au moins, jusqu'à 80 % de la biodiversité planétaire[réf. nécessaire]. Cette science du passé montrent par ailleurs les liens fort qui lient l'environnement et le climat.
Certains outils techniques ont également contribué à une meilleure connaissance de l'envrionnement et donc à sa perspection : photographie aérienne, puis satellitaire ; la modélisation prospective, etc.
La compréhension élargie des connaissances et les outils de diffusion actuels sont disponibles pour les éducateurs et les médias afin d'enseigner et de renseigner les publics locaux au sujet du rôle écologique viable de l'espece humaine, ce qui est à inclure dans son évolution culturelle.
[modifier] Les paysages, premier pas vers l'environnement
A la fin du XIXe siècle, le développement de l'automobile entraîne en Europe un intérêt fort pour les paysages remarquables comme espace à découvrir avant qu'ils ne soient modifiés, paradoxalement, par les routes.
Les États-Unis créent les premiers parcs nationaux. Une loi (park bill) est votée par le Congrès américain et signée par le Président Abraham Lincoln le 30 juin 1864 créant le Yosemite Grant qui deviendra en 1872 le premier parc national. La France, 42 ans après (en 1906), vote sa première loi sur la protection du paysage. C'est le début des analyses civiques de la qualité des paysages et des inventaires systématiques de l'environnement biophysique et humain (y compris agricole). Par la suite, l'évolution de la compréhension de la loi et de son application démontre l'importance accordé à de cette perception (classement des boucles de la Seine peints par les impressionnistes par exemple).
C'est encore à cette époque, dans quelques pays, le paysage, et non l'écosystème qui guide les choix des élus et des sites à protéger. Plus tard, cela conduira à la protection d'un réseau d'emplacement écologique, la mise en place d'un maillage ou d'une trame verte en complément aux réserves naturelles seules.
[modifier] Evolution des mentalités
Dans les pays industriellement développés, les sondages montrent que pour une majeure part de la population :
- l'environnement est moins un objet naturel connu et exploité par chacun (au XVIIIe siècle, 85 % de la population vivait de son exploitation directe - agriculture, pêche, sylviculture… - contre moins de 15 % au début du XXIe siècle) [réf. nécessaire];
- l'environnement est de plus en plus perçu comme une ressource finie, et non plus inépuisable ou renouvelable à l'infini [réf. nécessaire];
- l'environnement est un bien commun, que nous avons le devoir de léguer aux générations futures (cf. concepts de développement durable, soutenable ou de décroissance conviviale).
L'énumération présenté correspond à une perception humaine dans un environnement culturel historique. Dans un premier temps, notons qu'une perception globale de l'environnement inclut l'espèce humaine dans le plan naturel. Dans le second temps, la perception de l'environnement culturellement exploité prend l'allure d'un bien à consommer où l'environnement biophysique et humain représentent une matière disposable. [pas clair]
[modifier] Une prise de conscience mondiale (fin XXe siècle)
Les préoccupations environnementales humaines sont significatives d'une perception latente de l'environnement. La préoccupation environnementale des cultures modernes est passée en quelques siècles du monde de l'art et de l'émotion esthétique à celui des préoccupations scientifiques et citoyennes, et à des tactiques et stratégies politiques, locales et mondiales.
Au XIXème siècle et au début du XXe siècle, la préoccupation environnementale était, pour certains, locale et régionale (parcs nationaux, réserves). Depuis les années 1970, elle est devenue mondiale, avec la conférence des Nations Unies sur l'environnement de Stockholm en juin 1972.
En juin 1992, lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, l'environnement est apparu comme un « bien commun » ou un « bien public ». On a pris conscience que la problématique environnementale ne pouvait pas être découplée des problèmes économiques, écologiques et sociaux, de sorte que l'environnement a été considéré comme un dénominateur des trois piliers du développement durable. Il a été intégré dans les objectifs des agendas 21 pour les collectivités territoriales.
De nombreux traités de protection de l'environnement ont depuis été signés sous l'égide de l'ONU ou d'autorités plus régionales, mais ils n'ont à ce jour que freiné et réorienté la dégradation croissante de l'environnement biophysique et humain planétaire, que l'on constate notamment avec le phénomène de changement climatique.
En 2002, lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, toujours sous l'impulsion des grandes ONG environnementales, l'environnement et le développement durable ont touché le monde des entreprises. On a vu émerger le concept de responsabilité sociétale des entreprises, application des principes de développement durable aux entreprises, l'environnement étant un témoin de l'efficacité fonctionnelle des trois piliers (économique, écologique et le social) du développement durable.
L'environnement prend une place croissante dans l'éducation des cultures modernes. L'éducation à l'environnement peut venir des parents, elle trouve aussi sa place dans l'enseignement sous l'impulsion des États.
On a vu que les préoccupations environnementales trouvent un écho dans les organisations internationales et à l'ONU (définition de l'Agenda 21). Elles intègrent les politiques publiques par l'intermédiaire de ministères spécialisés (ministère de l'environnement), d'agences spécialisées (Agence européenne de l'environnement dans l'Union européenne, Environmental protection agency aux États-Unis, ADEME en France,...), de plans d'action (en France le Grenelle de l'environnement en 2007). Elles s'intègrent aussi dans les politiques de développement durable des États (politique européenne de développement durable, stratégies nationales de développement durable, Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire), des collectivités territoriales (agendas 21 locaux), et dans les plans de responsabilité sociétale des entreprises.
Des applications économiques modestes apparaissent dans des domaines traditionnels, comme par exemple dans les années 1990, face à la croissance exponentielle de l'éclairage public, la sensibilisation à la fragilité de l'environnement nocturne face au phénomène dit de pollution lumineuse.
Les mesures de réduction de la pollution ne correspondent pas nécessairement à la perception d'une dégradation de l'environnement. Dans plusieurs cas, ce n'est que le simple bon sens (la compréhension) et les coûts économiques qui motivent le geste.
La prise de conscience des enjeux environnementaux résulte aussi du développement urbain (croissance des grandes métropoles, périurbanisation) avec une consommation matérielle et énergétique de plus en plus importante. Elle conduit au développement de la Haute qualité environnementale et de l'écologie urbaine.
[modifier] Les actions en faveur de l'environnement
[modifier] Les journées internationales
Les journées mondiales ou internationales sont souvent officialisées par l'Organisation des Nations unies. Voici celles concernant un enjeu environnemental ou la conservation de la nature.
- 20 ou 21 mars, jour de l'équinoxe : Jour de la Terre
- 22 mars : Journée mondiale de l'eau [11]
- 13 mai : Journée internationale de la baleine
- 22 mai : Journée internationale de la biodiversité
- 5 juin : Journée mondiale de l'environnement
- 8 juin : Journée Mondiale de l'Océan
- 17 juin : Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse
- 16 septembre : Journée internationale de la protection de la couche d'ozone
- 22 septembre : Journée sans voiture
- 8 octobre : Journée internationale de la prévention des catastrophes naturelles
[modifier] Les associations
Parmi les nombreuses associations et organisations non gouvernementales actives sur les questions d'environnement, on trouve :
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En France, les associations peuvent être « agréées au titre de l'environnement » par le ministère de l'Écologie et du Développement durable. Ce sont des associations régies par la loi de 1901 qui contribuent à révéler des problèmes ou à trouver et tester des solutions dans les domaines de la protection de la nature et de l'environnement et de l'amélioration du cadre de vie (leur vigilance s'exerce sur l'ensemble du territoire).
Il existe aussi des associations concernant l'éducation à l'environnement et au développement durable (EEDD).
[modifier] Les études sur l'environnement
Le monitoring environnemental se développe à échelle planétaire sur les plans biophysique et humain. Grâce notamment aux moyens informatiques, à l'imagerie satellitaire et aux données environnementales de la biosphère, la compilation, l'analyse et la synthèse des données est effectuée. L'Organisation des Nations unies offre un cadre international de travail : PNUE, PNUD, ainsi que des conférences internationales, et des sommets mondiaux dont celui de Rio). Divers pays ont en place des communautés d'intervenants, d'indicateurs et de chercheurs spécialisées dans les thématiques environnementales. Les services d'enseignement, des gouvernements et d'experts œuvrent dans ces champs d'activités.
Aux États-Unis, l'Environmental Protection Agency est une référence. Il y a aussi, par exemple, une association « SCOPE » rassemble un réseau de chercheurs sur les questions environnementales.
Au Canada, le Ministère Environnement Canada, offre des services de compétence environnementale. Des réseaux associatifs de réalisation agissent en relation dans le domaine de environnement biophysique et humain.
[modifier] Les lois françaises sur l'environnement
[modifier] Les métiers de l'environnement
La terminologie et l'utilisation du vocable environnemental prend forme et les services des ressources humaines s'adaptent aux orientations de la demande en services professionnels. Les acteurs économiques adaptent leurs organisations aux changements de la législation environnementale. Des opportunités d'emploi en environnement font suite à des métiers traditionnels, des champs d'expertise basculent dans la gestion d'affaires environnementales et la formation en relève se prépare à confronter les savoirs aux défis environnementaux. La croissance de l'emploi dans le domaine de l'environnement est à la mesure de la disponibilité de la main d'œuvre qualifiée.
Les métiers[12] qui se sont développés récemment dans le contexte du développement durable sont ceux liés à la récupération, au tri, au recyclage, au compostage et à l'enfouissement des matières résiduelles et/ou toxiques, à l'épuration et au traitement de l'eau, à la caractérisation et à la décontamination des sols, à l'évaluation de la qualité de l'air et au traitement de l'air pollué.
Toutefois, dans son contexte global, c'est à l'ensemble des sciences de l'environnement biophysique et humain que la condition de l'environnement humain fait appel pour le déploiement des métiers pour contrer l'exploitation des ressources et la surconsommation humaine.[pas clair]
Le nombre d'emploi lié à la forêt est en diminution (conséquence de la mécanisation et de la diminution de la ressource).
Le nombre de naturalistes professionnels (biologistes, botanistes, taxonomistes) est également en diminution, mais d'autres domaines sont en pleine expansion dans les secteurs industriels (ingénieurs écologues, gestionnaires de milieux naturels...). Les formations en sciences ont fourni les premiers spécialistes reconnus. Toutefois, c'est dans l'habitat et sur les terrains que la diversité des spécialités se sont développées. Les métiers de l'environnement sont en lien direct avec les sciences de la terre et les sciences humaines. Les métiers de l'audit environnemental peuvent également être cités.
Les métiers techniques et professionnels des sciences naturelles sont un support aux besoins de main d'œuvre dans le domaine de l'environnement.
[modifier] Notes et références
- ↑ Inspiré du dictionnaire Le Robert
- ↑ (fr) Définitions lexicographiques et étymologiques de environnement du CNRTL.
- ↑ Voir , Dict. étym. de la L.F., PUF, 1950, O. Bloch/ W.v. Warburg, « virer » : D'un lat. de basse ép. virare, issu de vibrare, soit par dissimilation des deux labiales, soit sous l'influence de gyrare (de gyrus « cercle, tour » du grec gyros) ; aussi a. pr. virar; gyrâre est conservé dans l'it. girare, l'esp. girar, l'a. pr. girar. L'a. fr. girer, rare et surtout dans des textes d'auteurs d'origine italienne (Bru netto Latini, etc.), est empr. - Dér. et Comp. : virage, 1812 ; virement, 1546 ; environ, vers 1080 (Roland), d'abord prép. signifiant « autour de », usitée jusqu'au 17ème s. s. ; puis adv. depuis le 16ème s.. ; pris substantiv. d'abord au sing. dans è l'environ 14ème s. (Froissart) puis au plur. au 17ème s. s. ; formé avec l'a. fr. viron « tour », usité surtout comme adv. ; d'où environner, 12ème s., qui a signifié aussi « faire le tour »; revirer, 12ème s. revirement, 1587. V. chavirer.
- ↑ Voir Dictionnaire étymologique de la langue françoise, Ménage, Gilles, 1750, p.537, « ENVIRON ». Comme nous avons tiré virer de gyrare, il est aussi certain que nous avons fait environ de in gyrum, que je trouve signifier proprement environ, et autour. Les petites Annales de France, où est décrit un Siège fait par Charlemagne : Eodem anno verni temporis, obsedit dominus Rex Carolus Herisburgo, et Franci sedebant in gyrum. Aymoin liv. 4 chap.57 – munitionem in gyrum, in modum arietum, instruxit. Glaber Rodulphus liv. 3. Fuit pax cum Regibus in gyro regni sui positis. De Roberto Rege loquitur. Caseneuve. Tome 1. « ENVIRON ». C’est un mot composé d’en, et de viron. Il n’y a guère plus de cent ans qu’on disoit viron pour environ. Charles de Bourgueville dans ses Antiquités de la ville de Caen, livre 2. page 78. Viron ce temps-là , Monsieur Charles de Bretigny, Évêque de Castres et Abbé de Caen. Viron a été fait de gyrus, Gyrus, gyro, gyrons, VIRON. M.
- ↑ Voir Nouveau Dict. étym. et historique, Larousse, 1968, « virer » : v. 1155, Wace, tourner ; du bas lat. virare, de vibrare, faire tournoyer, ou du gaulois viria, anneau.// environ , 1080, de l’anc. fr. viron, ronde, pays d’alentour, et adv. « environ » ; d’abord prép. « autour de » (jusqu’au 17ème s.), puis adv. (16ème s.) ; subst. à l’environ (1360, Froissard)
- ↑ Voir (P) Robert, Le Robert, Dict. alpha. et analytique de la L.F., 1974 « environ » : prép. adv., n. m., pl. (12ème s. ; anc. frontière. viron, de virer. V. Entour. Voir référence précédente
- ↑ Voir Le Petit Robert, 1984 « environ » : 12ème s. ; envirum, 980 ; a. frontière. viron, de virer ; Cf. Entour)
- ↑ Voir Le grand Robert de la L.F., 2001, « Environnement » : 1300, « contour » ; de environner. Voir Littré, Dict. de la L.F., Gallimard/ Hachette, tome 3, 1967 (on trouve la même chose dans la version de 1860) « environnement », (an-vi-ro-ne-man), s. m. Action d'environner ; résultat de cette action. - Hist. 16ème S. « Et ne scauroit on faire une lieue au travers qu'elle n'en monte à plus de six, à cause des environnements (circuits) qu’il faut faire pour en sortir », Palissy, 255
- ↑ Voir Le grand Robert de la L.F., 2001, « Environnement » : (1921, techn. ; répandu v. 1960 ; d’après l’angl. Environment). Absolt. Ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivant et les activités humaines. Étymologie du terme américain (US) "environs" : 1665, from Fr. environs, pl. of O.Fr. environ "compass, circuit," from environ (adv.) "around," from en- "in" + viron "circle, circuit," from virer "to turn." Etymologie du temre américain (US) "environment" : environment 1603, "state of being environed" (see environs); sense of "nature, conditions in which a person or thing lives" first recorded 1827 (used by Carlyle to render Ger. Umgebung); specialized ecology sense first recorded 1956. Environmentalism was coined 1923 as a psychological term (in the nature vs. nurture debate); the ecological sense is 1972 (environmentalist in this sense is attested from 1970).
- ↑ Les perspectives de l'environnement 2001 OCDE
- ↑ 22 March - World Day for Water 2007: Coping with Water Scarcity
- ↑ Annuaire métier Environnement et Développement Durable
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
- Réponses environnement. Entreprises et environnement. Rapport à la commission des comptes et de l'économie de l'environnement. La documentation française. Ministère de l'écologie et du développement durable. Paris 2004. ISBN 2-11-005695-9
- Claude Chaline et Jocelyne Dubois-Maury, La ville et ses dangers, Masson, Paris 1993.
- Jean-Claude Fritz, L'humanité face à la mondialisation. Droit des peuples et environnement (en co-direction avec Charalambos Apostolidis et Gérard Fritz), Paris, L'Harmattan, 1997.
- Jean-Paul Besset René Dumont, une vie saisie par l'écologie, au vif, stock
- (fr) Valérie Guénon, responsable de la R&T européenne du Groupe Safran, « La recherche aéronautique européenne face au défi de l'environnement », dans La Lettre AAAF, N° 1, janvier 2006, (ISSN 1767-0675), [lire en ligne]
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[modifier] Liens externes
- Portail "Environnement" de la Commission Européenne
- Archives historiques du ministère de l'écologie et du développement durable
Voir aussi des références de médias alternatifs concernant l'environnement.
